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Le signe, de l’écriture à l’image et de l’image à l’écriture

publié le 13 mars 2015 à 10:53 par Fall Papa Oumar   [ mis à jour : 17 mars 2015 à 11:29 ]




Introduction

 Nous produisons perpétuellement des signes et consacrons également une grande partie de notre existence à décrypter des signes. L’intérêt général du signe réside dans le fait qu’il a une forme et un contenu perceptibles et analysables. La description, l’analyse et l’interprétation de ses formes et de ses contenus variables permettent d’en saisir toutes les dimensions et de comprendre la fonction qu’il assume dans le système auquel il appartient, et aussi ses différentes mutations, transformations et métamorphoses possibles (futures et passées). Identifier et classer un signe est plus qu’une passion intellectuelle mais aussi une nécessité pratique qui permet à l’être humain d’avoir une bonne interaction avec l’environnement qui l’entoure et de capitaliser ses expériences. Elaborer des méthodes efficaces et efficientes pour identifier avec précision le signe, le décrire avec minutie, l’analyser en surface et en profondeur, l’interpréter objectivement, le saisir en plein mouvement et le classer avec précaution est devenu pour nous, depuis plus de deux décennies, un défi majeur pratique, existentiel et même spirituel à relever. Car nous avons la conviction que cela peut nous aider à améliorer nos réflexions sur le langage humain de manière générale et sur la didactique des langues (étrangères) en particulier.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est la pratique de la stylographie (graphisme au stylo) et son enseignement (à partir de 2003) qui ont été décisifs dans notre conception intuitive de l’unité des sciences de l’observation des êtres et du Cosmos. La pratique artistique a été cette source intarissable qui alimente cette soif de connaître le « comment ça marche ? ». Plus tard, nos recherches en linguistique (Fall, 2005, 2006, 2008 et 2013) nous ont habitué, à travers l’observation du langage humain et des langues en contexte, à peaufiner nos méthodes et à élargir notre horizon. Le constat des contradictions théoriques et les limites des méthodes d’investigation scientifiques linguistiques (Boltanski, 1999) ont fini de faire naître en nous un doute épistémologique qui nous poussa à les relativiser et à redonner au fait sa place de choix. Ce fut un grand pas qualitatif car se distancer du dogmatisme sous sa forme scientifique ou autre est devenu pour nous plus qu’un slogan. Cela nous a amené au choix de l’approche phénoménologique et de l’analyse systémique interdisciplinaire pour décortiquer le signe.

Un autre déclic (ou changement de perspective) a été pour nous de passer de la linguistique purement descriptive à la didactique des langues. Car, arrivée dans le milieu scolaire, la langueest devenue, dans les premiers moments de notre pratique d’enseignant de langue étrangère, un nouveau phénomène qui nous échappe. Nous nous rendons compte du grand fossé qui existe entre la langue comme objet d’étude de la linguistique (le linguiste la tue, la dépèce, la dissèque, la segmente afin de l’analyser) et la langue (étrangère) qui, au contraire, est un instrument dynamique et vivant de l’enseignant. Ce changement de paradigme exige une nouvelle attitude, qui est de se demander : « Comment faire pour domestiquer la langue et maîtriser ses modalités de transmission ? », « Quelle méthode pédagogique et didactique à développer pour faciliter l’enseignement des langues (étrangères) de manière générale ?». Il s’agit de se rendre très vite compte qu’il fallait d’abord : localiser la langue (« Où est la langue ?»), comprendre comment elle s’actualise et fonctionne dans ce cadre scolaire et quels sont les types de supports qui la véhiculent et les motivations profondes de ses utilisateurs. Une nécessité : savoir comment développer nos capacités d’observation des élèves pour répondre à leurs questions latentes et comment renforcer notre propre compréhension des phénomènes qui se déroulent dans le cours de langue.

Ce projet de recherche qualitative sur le « signe » est né dans ce contexte de questionnement et de quête de réponses scientifique, philosophique, artistique, cognitive, pédagogique, didactique, etc. Il s’articule comme suit:

Première partie : Cadre théorique et méthodologique

Deuxième partie : Le signe, de l’infiniment grand à l’infiniment petit

Troisième partie : De la parole à l’image et de l’image à l’écriture

 

© Papa Oumar Fall 2014

Extraits de Fall (20014 : 6-7):

Le signe, de l’écriture à l’image et de l’image à l’écriture

Freie Hochschule Stuttgart, 63 p.








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