6|Aboubakr Tandia

publié le 10 août 2017 à 14:56 par Fall Papa Oumar   [ mis à jour : 18 août 2017 à 16:29 ]

KII KAN LA? 

LU MU NU INDAALEEL? n° 6


1.      Basé sur votre grande expérience scientifique et politique de la région des Caraïbes, entre autres, quel portrait feriez-vous de la situation du panafricanisme, aussi bien dans ses aspects intellectuels (Négritude, Africanisme) que dans ses dimensions militants (idéologie, Coopération internationale entre Etats de peuples d’origines africaines) ? Peut-on dire que la Caraïbe est toujours connectée à l’Afrique autour de l’idéal et du militantisme panafricain ? Dans quelle mesure la Caraïbe a-t-elle changé vis-à-vis de ses relations avec l’Afrique et de la cause panafricaniste ? Les crises successives, et les plus récentes notamment (Tsunami, guerre civile en Haïti ; intégration poussée de la Caraïbe française au sein de la dynamique néolibérale et francophone) ont-elles d’une manière ou d’une autre affecte les différents aspects du panafricanisme. Etant donnée que le développement du panafricanisme a été en grande partie liée a son encrage dans la solidarité plus élargie du nationalisme décolonisateur (i.e. les différentes versions du tiers-mondisme), quel bilan peut-on faire de cette dynamique au regard de l’évolution des anciennes bastions du tiers-monde, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie, séparément d’une part, et ensemble de l’autre.

3.      Si comme le pensent de plus en plus les jeunes d’aujourd’hui et certains milieux dans le monde occidental, le panafricanisme est moribond voire enterré, quelle signification peut-on donner aux relations complexes entre l’Afrique et les géants asiatiques d’une part, et les pays d’Amérique Latine de l’autre ? Quels potentiels et quels risques sont en jeu dans ces relations pour l’Afrique et le panafricanisme en tant que mythe et doctrine du projet d’émancipation de l’Afrique ?

4.      L’idéologie de la Renaissance africaine est souvent comparée à celle de la Négritude ou des autres variantes comme le Consciencisme ou le Ujama. Les critiques abondent souvent pour dire que contrairement aux premiers, la renaissance africaine n’a pas de projet culturel ni de portée culturelle. Si ce n’est l’ambition assimilatrice qu’elle formule à travers l’idée de rattrapage et d’insertion dans la mondialisation. Que pensez-vous de cette critique et quel regard portez-vous en général sur la renaissance africaine ? Est-il légitime de prendre la Renaissance africaine comme un projet panafricain intellectuellement, culturellement et politiquement viable ?

Aboubakr Tandia

Aboubakr Tandia est chercheur junior au Bayreuth International Graduate School of African Studies (BIGSAS) de l’Institut d’Etudes Africaines de l’Université de Bayreuth où il est associé au Département des Etudes Religieuses et d’Anthropologie Sociale. Il fut lauréat de l’Institut de la Gouvernance du CODESRIA et de la Governance for Development Residential School de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres, de l’Institut d’Etudes Economiques et Sociales de l’Université de Maputo et de la Fondation Mo Ibrahim, respectivement en 2007 et 2011

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