0. Introduction



 

Le (ke)laalaa – comme le ndut, le noon, le paloor, le saafi-saafi – appartient à la communauté linguistique minoritaire[1] dite « cangin »[2] (je propose dans cette présente étude la dénomination [SEEREER-WIINO] à la place de "CANGIN). « Les langues cangin   peuvent être classées, selon […] Joseph GREENBERG (1970), comme appartenant au groupe ouest-atlantique de la branche niger- congo de la famille congo-kordofanienne »[3]. Notons que le (ke)laalaa[4] est le plus souvent assimilé au noon. En effet il y a une intercompréhension très nette entre le (ke)laalaa et le noon qui ont un lexique commun estimé à 86% par Paula D’ALTON[5].

l'arbre "kedek kaa gentaa Kolobaan" Léhar/Laa


La faiblesse démographique (le nombre de locuteurs laala est estimé à environ 6000)[6] de la communauté Laalaa — plus petite entité « du groupe ethnique et linguistique appelé " cangin " par Walter PICHL et "Sérères du nord-ouest" par Martin et Becker »[7]  — constitue un handicap à la diffusion de leur parler.  S’y ajoute la rareté (pour ne pas dire l’absence) de travail linguistique approfondi[8] sur ce groupe doublement minoritaire (le plus petit composant de la communauté linguistique « cangin »).

Sous l'arbre "kedek kaa gentaa Kolobaan" Léhar/Laa 
Roger Smba Faye, Papa Oumar Fall et Ndiol Malick Tine


Notons aussi que les Laalaa sont, le plus souvent, alphabétisés[9] en wolof. Notre ambition est de participer à la conception de documents de base (tels que des manuels scolaires …) qui faciliteront une alphabétisation ciblée et plus adaptée des Laala (à partir de leur propre langue !).



[1]              Le nombre de locuteurs de la communauté dite « cangin » est estimé par J. L. DONEUX à environ 60 000 (Cf. p. 68 de l’Atlas national du Sénégal publié par l’Institut géographique national, à Paris, en 1977).

 

[2]              GUEYE, G. M., - Contribution à l’étude phonétique ndut, Thèse de doctorat de 3ème cycle, Strasbourg II, 1984, cf. p. 2.

 

[3]              - Enquête sociolinguistique sur les langues cangin de la région de Thiès au Sénégal, Dakar, SIL, 2éme éd., 1993, 70 p.

 

[4]              Encore appelé lehaar. Le plus souvent au Sénégal le même terme sert à désigner et le nom de l’espace et le nom du groupe ethnique et le nom de la langue.

 

[5]              D'ALTON, P., - Le Palor : esquisse phonologique et grammaticale d’une langue cangin du Sénégal, Paris, éd. CNRS, 1987, p. 19.

 

[6]              Cf. CISS, I., - Colonisation et mutation des sociétés Sereer du nord - ouest, du milieu du XIX e siècle à la deuxième guerre mondiale, Thèse de doctorat 3e cycle, UCAD, 2000-2001, p.7.

 

[7]              D'ALTON, P., op. cit., p. 10.

 

[8]              Le (ke)laalaa est le parler de la communauté linguistique dite « cangin » le moins décrit dans le domaine linguistique.

 

[9]              Le (ke)laalaa est codifié en septembre 2005.