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publié le 9 mai 2015 à 14:15 par Fall Papa Oumar

Aboubakr Tandia

Nuit sombre, nuit des ombres absolues

Nuit noire, nuit ambre des astres blancs

Ô heure discrète, gardienne des secrets francs

Ô refuge fidèle, auberge des volontés et des désirs résolues

 

 

Peau sombre, peau de l’esclavage révolu

Peau noire, peau des esprits et des palabres de sages

Ô couleur émancipée, enveloppe virile de ma fierté pelue!

Ô douceur adorée, symbole de ma liberté conquise des vils âges!

 

 

Nuit muette, nuit des contes merveilleux,

Nuit alerte, nuit qui démasque les augures obscurs à l’affût

Ô demeure silencieuse, cape des comptes litigieux!

Ô sérénité radieuse, remède contre les peines indues!

 

 

Peau noire, teinte claire ou foncée,

Peau noire, teinte soignée ou meurtrie.

Ô velours divin, vanille de mes sensations feutrées!

Ô toile magique, réverbère de mes contemplations mûries!

 

 

Nuit bénie, nuit des anges qui veillent le repenti et le pieux,

Nuit mystérieuse, nuit des ténèbres qui guettent l’inattention.

Ô heure propice, qui féconde les souffles ardents de mes méditations!

Ô heures de délices, qui nourrissent et dorlotent le monde au pieu!

 

 

Peau noire, peau de ma mère et de mes ancêtres,

Peau noire, peau de la terre fertile et du ciel étoilé.

Ô noirceur, grâce céleste pour les êtres!

Ô beauté, origine des temps et germe du grand fromager!

 

 

Nuit noire, embrasses-moi, toi qui avise mes chimères,

Nuit sombre, ouvres-moi tes portes, toi qui sait me confier au soleil

Peau noire, viens, vas ! Vas chanter et danser dans la clairière!

Peau noire, respire, transpire ! Pour rugir de ton sommeil !

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