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Mangone Tall


Mangone Tall

Magone Tall a fait ses études de Sociologie et d'Anthropologie à Lyon où il vit et travaille depuis 2000. Sa double formation en Anthropologie et en Sociologue rehausse, selon-lui,  l’intérêt qu’il a pour l'être humain dans sa manière de faire, de sentir et d'agir et de comprendre le rapport que celui-ci entretient avec son prochain. Mangone est aussi spécialiste en ressources humaines et responsabilité sociale d'entreprise (RSE). « A travers mes actions, j'essaie de promouvoir une nouvelle coopération internationale où le porteur de projet prend en compte les préoccupations de l'Africain afin de mieux l'amener à s'approprier le projet et s'impliquer davantage ».

Qu’est-ce qui le pousse à écrire ?

« Je trempe ma plume de poète dans l'encre de mes angoisses. Je sors souvent de mon travail dépité devant tant d'ignorance et d'incompréhension qui fonde le rapport à l'altérité... Je convertis mes maux en mots, ma courtoisie en impudeur pour exorciser ce que je tais pour réussir la médiation »

Selon lui, sa raison d'écrire résiderait dans son souci de se réconcilier avec lui-même

 « en tant qu’Africain, hybride, dérouté et conditionné, comme une feuille morte, au gré du vent missionnaire, virevolte, tentant de s'accrocher à tout obstacle le temps de se ressaisir et se faire un chemin. Pourvu qu'il soit celui qu'il se fait. ». 

> Miroir tragique

publié le 12 sept. 2017 à 09:28 par Fall Papa Oumar


Magone Tall


Miroir, miroir dis-moi que je suis beau.
De mon moi, ne reste plus que ma peau.
Et toi t’obstines à ta sentence saugrenue,
Même si de toi, vient le sens de ma tenue.

Miroir…. !

Miroir, dis moi que la beauté n’est pas toujours autre ...
Que oui, beau je peux être même dans mon allure ébène,
Que je suis beau dans ma différence d’avec les autres,
Qu’à la galerie des beautés, plus je ne ferai phénomène.

Miroir,

Oui j’y tiens, dis moi que je suis beau.
Pour t’avoir, j’ai dû vendre mon frère
Pour t’avoir eu, j’ai perdu mon cerveau.
Et toi me retiens comme pour me distraire.

Miroir ….. !

Pourquoi t’écouter perfide,
De mon âme, tu me vides.
J’ai l’air d’un vil suiveur,
A conscience sans honneur.

Miroir corbeau,
Reflet bourreau.
Miroir fardeau,
Châtiment nouveau.

Miroir tragique… !

Satané apparence !
Miroir tragédie de ma psychose,
Miroir miroitant l’essence
D’une beauté éternelle par symbiose
Sans jamais me faire célébration de mes efforts.
Dis-moi miroir, suis-je encore loin du réconfort ?

Miroir…,

Miroir ô capteur d’âme.
Pour moi, que de blâme.
Et t’écoutant, je perd confiance,
Je ne sais plus saisir ma chance.

Miroir sarcastique…

T’en moques, Miroir ?
De toi, espoir dérisoire !

Miroir, bordel de miroir !
Où chiner ma mémoire ?

Miroir, souviens toi.
En moi, regardes-toi.

Me laisser à refaire
Etait pour te plaire.

Miroir…

Que je sois désorienté te laisse albâtre
Tu sembles vivre de mes jours saumâtres.
Tu aimes bien entretenir mon complexe
Raison pour toujours me laisser perplexe

Pouf sérac…


Dis-moi, fourbe miroir, ne serais-tu pas complice ?
Tes ajustements ne font qu’accentuer mes supplices ;
Celles-là même qui tissent les filons
de l’aisance des autres.

Pendant que tu me dénigres félon,
s’érige la beauté d’autres.

Miroir…toi décidément déloyal.
Et dieu ancestral ne m’est plus royal.

Je t’ai mandaté roi
Tu m’a volé ma foi.

Miroir…

Te suivant, je me suis éloigné de mon moi originel,
Sous ma peau noire mitonne l’antagonisme pervers,
Corps vu par dévers vidé de son âme fait à l’envers.
A croire miroir, que tu me tiens à la loi structurelle.

Miroir ô système
Es-tu stratagème ?

Ainsi en est-il et je te fracasse, imbu de miroir.
Loin de mes valeurs las, en toi fut mon espoir.

Jusqu’à quand muet miroir, serai-je en attente ?
Quand voudras-tu régénérer ma beauté latente ?

Miroir de ma conscience.

Le glas vient à coup de sonner l’urgence,
Et de beauté, tu me dis encore en carence
Soit. C’aura été ta toute dernière sentence
Tu ne seras plus caution de mon essence

Sans rancune aucune alors mon miroir, je te brise
Parce qu’à laideur assumé oui, mieux que méprise
J’ai pris conscience de ton contrecoup dévastateur
Et je me libère enfin de tes prunelles hypnotiseurs.

 

> A fleur de peau

publié le 9 mai 2015 à 14:05 par Fall Papa Oumar


A fleur de peau

A vouloir me détourner de ma conscience

Me priver de mon esprit pour autre essence

Espoir de trouver une âme apte à une vie d’aisance.

A fleur de peau….juste pour une envie d’existence.

 

 

A fleur de peau…

J’effleure mon angoisse tel un fleuret,

Fuyant mon être qui me suit et m’écœure

Celui au corps fait de sang et de pleurs

Corps à la peau sombre et esclave de sa couleur.

 

 

A fleur de peau…

Ablation faite de ma mémoire

Oubli d’un passé de déboires.

Je veux vivre un présent sans exutoire

Quitte à noyer les brimades de l’histoire.

 

 

Coi et à fleur de peau… je m’enivre

Pour supporter, je me gave de chanvre

L’amnésie m’anesthésiant et comme poivre

Donne du goût à mon envie de poursuivre….

 

 

A fleur de peau…

Je me suis fais éternel suiveur

Suiveur d’un paradigme berneur

Celui illusionniste et berceur

Qui, sans gêne, torpille mes valeurs.

 

 

A fleur de peau…

Comme un cactus germant d’un p’tit pot

Ma peau se couvrant de vulgaires oripeaux

Puant encore de la senteur du vieux bateau

Et sur moi les stigmates de mes bourreaux.

 

 

A fleur de peau, chair de poule,

Peur d’être vindicatif, je roucoule,

Pour exorciser un temps que je refoule

Le temps de savourer une vie qui me soûle.

 

 

A fleur de peau….je m’interroge

Le passé s’arrogeant tel un mensonge

Toutes réponses se faisant en moi songes

Songes sourds et aphones de faits que j’abroge.

 

 

A Fleur de peau….

Sous hypnose des dires de l’autre.

Eux prophètes et moi, vil apôtre

Sans voix, sans choix, me vautre,

Comme si la vérité est en l’autre.

 

 

A fleur de peau….

Le monde s’en va me laissant sur place

M’exhortant de me regarder sur la glace

Pour mieux voir les limites de ma race

Pour que je me taise et me fasse à jamais carapace.

 

 

Décidément à fleur de peau, j’admire la beauté de la rose

Laps d’un temps, histoire d’échapper à ma pathétique névrose.

Magone Tall

> Divines litanies

publié le 16 févr. 2015 à 06:38 par Fall Papa Oumar


Ma science hors de ma conscience,

Conscience maltraiteuse

De mon sommeil d'effervescence.

J'encense mes ancêtres

Loin de ma connaissance,

Fût-ce pour me faire bonne conscience.

De loin et par insouciance,

Je songe au sens de leur existence,

De naissance au chevet de leur décadence,

Mon essence, las n'est pas de leur sens....

 

Juste de savoir, quel sens m'ordonne ma conscience ?

 

Rebel de ma conscience,

La mienne en faillance

Brillant de l'un et l'autre sens,

Lourde de son inconscience

Du temps en vacance

Faisant de moi doux rêveur de bon sens....

 

Conscience de moi,

Loin de moi en science,

Déviance symbolique dans la synchronie,

Symphonie du temps dictant

Le sens bon qui me donne bon sens...

 

Juste du bon sens,

Pour mon envie d'existence,

Etre à distance de mes moyens,

Celui de mon essence de ce temps

Dont la science est faiseur de sens....

 

Oui mais, quel sens donne-je à mon existence?

 

Existence dans l'arbitraire

Conscience libertaire,

Victimaire par inadvertance,

En nuisance quoique solitaire,

Calvaire d'une conscience

Défectueuse par altération.

 

Boum boum boum,

Symphonie d'un cœur aux verrous,

Bang bang bang

Haïssant le monde de mon courroux.

 

Conscience têtue,

Sur quel rythme danses-tu?

 

 

Magone Tall

> Rituel intrônisateur

publié le 15 févr. 2015 à 11:07 par Fall Papa Oumar


Magone Tall

Sur le tamarinier hors champs

Aimais-je grimper chantant

Pour revoir le temps d’un instant

Les orgies d’un monde distant

 

De cet arbre lourd de complainte

J’apparaissais hors d’atteinte

Gît sur la cime branche du tamarinier,

J’aimais passer pour un petit geôlier

 

Loin des tintamarres des éternels suiveurs,

Hors des cercles puérils des doux rêveurs.

 

J’étais là haut

et là-bas, en haut

J’échappais à tout contrôle,

J’étais libre de toute moule sociale

 

De haut, je scrutais les horizons

Là haut, je sombrais dans mes visions,

J’échappais à la féroce gueule du diable

La hauteur m’offrait air sans hypocrisie minable.

 

Elevé, je surprenais de nues injustices

Je déplorais de banales impertinences

J’admirais une harmonie ambiante

Construite sur fond de corruption béante.

 

J’entendais en finir avec le vice

Pour mieux vivre avec nos cicatrices.

Hélas, il fallait trouver l’anecdote

Bien concevoir l’idéale méthode

 

Et d’une voix dégagée telle une divine prophétie

Me recommandait-on de rompre d’avec l’inertie

Sans jamais recevoir les moindres moyens

Qui feraient de moi érudit prométhéen 

 

Les voix du tamariniers me sont impénétrables

Et l’entendement d’un mortel peut être exécrable.

Heureusement, là-haut, à la cime, l’inspiration

Flottaient légère comme une divine intuition.

 

Alors, je me laissais envahir par les esprits.

Je prêtais mon regard aux forces invisibles,

Mes prunelles à travers lesquelles celles-ci

Me montraient l’autre facette du visible.

 

Là-haut, avec les esprits

Mon esprit voyait de haut.

 

J’entrais en transe comme un chaman en connexion,

Je voyais l’horizon et derrière l’horizon,

Je voyais en simple démonstration

Comment les effets sont-ils reliés à des raisons.

 

J’étais ô combien accroc, moi

De cette fenêtre temporelle

D’où mes ancêtres et moi

Entamions une causerie informelle.

 

Ils voyaient en moi le parfait missionnaire

Qui rendrait leurs recommandations populaires

 

 

Thérapie ou folie

 

Je devais être missionnaire

Ou alors pâteux démissionnaire

Le choix serait vite fait,

Mais là c’est le choix qui me faisait,

je fus le choix en mon insu.

Pour venger les esprits déchus,

A les croire, j’allais devenir un homme fort

Au moins çà m’aurait valu réconfort.

 

Des frissons, sueur,

j’ai la chair de poule,

je me sens comme tournant en boule,

j’entends des voix seules en dérives,

je vois des foules d’âmes sans visage,

je m’envole de peur.

Qui est-ce qui m’arrive ?

J’ai comme des hallucinations,

c’est flippant.

 

Inquiétant

Je suis comme en immersion

Je suis comme qui traverse les âges.

 

Du haut de ma branche habituelle

Je voulais juste m’enivrer d’énergie spirituelle.

 

Mais ce jour-là,

Ma branche n’était pas aussi confortable que la veille.

 

Ce jour-là,

J’ai remarqué que l’oiseau qui nichait

Habituellement à ma droite avait déserté.

 

Ce jour-là,

Le tamarinier n’était pas aussi berceur

Qu’à l’accoutumée. Il m’inspirait peur

 

Décidément ce jour-là,

Ma soif d’ivresse spirituelle

N’allait pas s’assouvir comme la veille

 

Ce jour-là,

La branche n’était mienne.

Elle avait décidé d’obéir à une force doyenne.

 

Ce jour-là hélas

Le vent s’était mis à venter autrement.

Il soufflait des tourbillons, frissonnement

D’un tamarinier se laissant secouer à s’arracher

 

Ce jour-là,

Les branches tremblaient,

Et mon âme, elle, s’évadait.

 

J’entendais cette voix seule

M’introduisant au monde des aïeuls.

 

Cette voix qui me libérait de ma peur

Et qui me promettait de revenir libérateur

 

Elle disait sans pudeur

Vas et reviens, civilisateur,

Mettre de l’eau dans le feu, reviens

Mettre de l’eau dans les champs, reviens

Mettre du poisson dans les océans, reviens

Mettre de la transparence dans nos consciences, reviens

Mettre un peu d’esprits dans nos gestes, reviens

Combattre les maladies, reviens

Vite défendre la santé maternelle et infantile, reviens

Tu soulageras ces braves pères de familles loin des siens

Vas prendre l’antidote et Reviens

Refaire ces repères inconscients.

 

Vas et reviens

donner la voix, les secrets, reviens

les consignes des forces mystérieuse tu auras. Reviens

apporter les clés d’une vraie autonomie africaine, tiens

pas celle que nous revendiquerons

mais celle que nous ferons de nos résolutions.

 

Elle disait,

Tu approcheras cette énergie des cavernes, grrrr

que te foudroie les tonnerres des ténèbres,

bain de nébulosité d’éclairs,

Qui pour ta vision feront lumière.

 

Elle disait

plus mal que ton malheur tu verras,

meilleur que le bonheur de tes rêves tu apercevras,

regard à trois cent soixante degrés, tu auras

la chose et son contraire, tu saisiras

le normal et le pathologique, tu distingueras

le tout et le néant, tu comprendras

le paradis et l’enfer, tu vivras

l’éventail de tes choix, comme un puzzle, tu constitueras

la vie belle et heureuse que tu choisiras.

 

Dans cette résolution là, missionnaire

Disait-elle sans aucune colère :

 

Il n’y aura de place à la négociation,

Il s’agit de rompre d’avec la victimisation,

De taire toute culpabilisation,

Pour arriver à une parfaite re-fondation.

 

Elle disait :

Dans cette optique là,

Votre indépendance sera sans quota,

 

Vous serez libres et responsables,

Votre autonomie sera incommensurable

Et avec les autres vos relations seront amicales

Parce que vous plaçant sur le même piédestal.

 

Vas, me disait-elle.

Vas, et reviens

à ton retour, je m’en irai  au loin.

 

je m’en irai rendre mon âme,

je te laisserai le témoin du temps,

toi qui as été choisi par les esprits du tamarinier.

En toi se cache désormais la force des dieux radiés,

 

en toi se cache le courage

du lion rugissant de sa rage.

 

Je te laisse le témoin

et tu feras mieux d’en faire une résolution

pour ne pas être le témoin demain,

D’autres générations en perditions.

 

Alors va jeun’homme

Tu reviendras bon’homme,

 

Ainsi s’éteignit cette voix spirituelle

Qui fut que le début d’un long rituel

Un dressage du fond de mon sommeil

Pour revenir autre et actif à mon réveil.


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