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> Miroir tragique

publié le 12 sept. 2017 à 09:28 par Fall Papa Oumar

Magone Tall


Miroir, miroir dis-moi que je suis beau.
De mon moi, ne reste plus que ma peau.
Et toi t’obstines à ta sentence saugrenue,
Même si de toi, vient le sens de ma tenue.

Miroir…. !

Miroir, dis moi que la beauté n’est pas toujours autre ...
Que oui, beau je peux être même dans mon allure ébène,
Que je suis beau dans ma différence d’avec les autres,
Qu’à la galerie des beautés, plus je ne ferai phénomène.

Miroir,

Oui j’y tiens, dis moi que je suis beau.
Pour t’avoir, j’ai dû vendre mon frère
Pour t’avoir eu, j’ai perdu mon cerveau.
Et toi me retiens comme pour me distraire.

Miroir ….. !

Pourquoi t’écouter perfide,
De mon âme, tu me vides.
J’ai l’air d’un vil suiveur,
A conscience sans honneur.

Miroir corbeau,
Reflet bourreau.
Miroir fardeau,
Châtiment nouveau.

Miroir tragique… !

Satané apparence !
Miroir tragédie de ma psychose,
Miroir miroitant l’essence
D’une beauté éternelle par symbiose
Sans jamais me faire célébration de mes efforts.
Dis-moi miroir, suis-je encore loin du réconfort ?

Miroir…,

Miroir ô capteur d’âme.
Pour moi, que de blâme.
Et t’écoutant, je perd confiance,
Je ne sais plus saisir ma chance.

Miroir sarcastique…

T’en moques, Miroir ?
De toi, espoir dérisoire !

Miroir, bordel de miroir !
Où chiner ma mémoire ?

Miroir, souviens toi.
En moi, regardes-toi.

Me laisser à refaire
Etait pour te plaire.

Miroir…

Que je sois désorienté te laisse albâtre
Tu sembles vivre de mes jours saumâtres.
Tu aimes bien entretenir mon complexe
Raison pour toujours me laisser perplexe

Pouf sérac…


Dis-moi, fourbe miroir, ne serais-tu pas complice ?
Tes ajustements ne font qu’accentuer mes supplices ;
Celles-là même qui tissent les filons
de l’aisance des autres.

Pendant que tu me dénigres félon,
s’érige la beauté d’autres.

Miroir…toi décidément déloyal.
Et dieu ancestral ne m’est plus royal.

Je t’ai mandaté roi
Tu m’a volé ma foi.

Miroir…

Te suivant, je me suis éloigné de mon moi originel,
Sous ma peau noire mitonne l’antagonisme pervers,
Corps vu par dévers vidé de son âme fait à l’envers.
A croire miroir, que tu me tiens à la loi structurelle.

Miroir ô système
Es-tu stratagème ?

Ainsi en est-il et je te fracasse, imbu de miroir.
Loin de mes valeurs las, en toi fut mon espoir.

Jusqu’à quand muet miroir, serai-je en attente ?
Quand voudras-tu régénérer ma beauté latente ?

Miroir de ma conscience.

Le glas vient à coup de sonner l’urgence,
Et de beauté, tu me dis encore en carence
Soit. C’aura été ta toute dernière sentence
Tu ne seras plus caution de mon essence

Sans rancune aucune alors mon miroir, je te brise
Parce qu’à laideur assumé oui, mieux que méprise
J’ai pris conscience de ton contrecoup dévastateur
Et je me libère enfin de tes prunelles hypnotiseurs.

 
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